Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/143

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VALENTIN.

— Assez, coquin !


DEUXIÈME BANDIT, s’avançant, à Valentin.

— Dites-nous, avez-vous encore quelque ressource ?


VALENTIN.

— Aucune autre que ma fortune.


TROISIÈME BANDIT.

— Sachez donc que quelques-uns de nous sont des gentilshommes — que la furie d’une jeunesse indisciplinée — a chassés de la société légale. — Moi-même j’ai été banni de Vérone — pour avoir tenté d’enlever une dame, — une héritière, alliée de près au duc.


DEUXIÈME BANDIT.

— Et moi, de Mantoue, pour un gentilhomme — que, dans une boutade, j’ai poignardé an cœur.


PREMIER BANDIT.

— Et moi, pour quelque menu crime comme ceux-là. — Mais venons au fait… Nous vous avons dit nos fautes — pour excuser à vos yeux notre existence irrégulière. — Sur ce, considérant que vous êtes orné — d’une belle prestance, que d’après votre propre dire, — vous êtes linguiste, que vous êtes l’homme par excellence — dont nous avons besoin dans notre profession…


DEUXIÈME BANDIT.

— Qu’enfin et surtout, vous êtes un banni, — nous traitons avec vous : — consentez-vous à être notre général, — et, faisant de nécessité vertu, — à vivre, comme nous, dans cette solitude ?


TROISIÈME BANDIT.

— Que dis tu ? Veux-tu être de notre clique ? — Dis oui, et tu seras notre capitaine à tous ; — nous te ferons hommage et, gouvernés par toi, — nous t’aimerons comme notre chef et notre roi.