Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/151

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JULIA, secouant l’hôtelier.

L’hôtelier, voulez-vous partir ?


L’HÔTELIER, se réveillant.

Foi de crétin, j’étais profondément endormi.


JULIA.

Dites-moi, où loge messire Protée ?


L’HÔTELIER.

Chez moi, parbleu ! Je crois vraiment qu’il est presque jour.


JULIA.

— Pas encore ; mais c’est bien la plus longue nuit — que j’aie jamais passée et la plus accablante.

Ils sortent.


Le jour se lève. Entre Églamour en habit de deuil.

ÉGLAMOUR.

— Voici l’heure où madame Silvia — m’a prié de venir, pour connaître ses intentions. — Il y a quelque importante affaire à laquelle elle veut m’employer. — Madame ! madame !


SILVIA, paraissant à son balcon.

— Qui appelle ?


ÉGLAMOUR.

Votre serviteur, votre ami — qui attend les ordres de Votre Grâce.


SILVIA.

— Sire Églamour, mille bonjours.


ÉGLAMOUR.

— Autant, noble dame, à vous-même ! — Conformément aux injonctions de Votre Grâce, — je suis venu ainsi de bonne heure, pour savoir quel service — vous voulez bien exiger de moi.


SILVIA.

— Ô Églamour ! tu es un gentilhomme — (ne crois pas que je te flatte, car je jure que non) — vaillant,