Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/155

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PROTÈE.

Et que dit-elle de mon petit bijou ?


LANCE.

Pardon, elle dit que votre chien est un mâtin, et elle ajoute qu’un grognement est tout le remercîment que mérite un pareil cadeau.


PROTÉE.

Mais elle a accepté mon chien ?


LANCE.

Non vraiment. Je le ramène ici avec moi.


PROTÉE.

Comment ! tu lui as offert celui-ci de ma part ?


LANCE.

Oui, monsieur. L’autre écureuil m’avait été volé sur la place du marché par les valets du bourreau ; et alors je lui ai offert le mien propre, qui est un chien dix fois gros comme le vôtre, et ainsi le cadeau n’en était que plus considérable.


PROTÉE.

— Allons, va-t’en d’ici, et retrouve mon chien, — sinon ne reviens jamais en ma présence. — Hors d’ici, te dis-je ! restes-tu là pour m’irriter ?

Lance se sauve.

— Un maraud qui me met continuellement en affront ! — Sébastien, je t’ai pris à mon service, — en partie parce que j’ai besoin d’un jeune homme — qui fasse mes affaires avec quelque discrétion, — car il n’y a pas à se fier à ce rustre-là, — mais surtout pour ta mine et pour ta tenue — qui, si je suis bon augure, — annoncent une excellente éducation, une heureuse et honnête nature. — Voilà, sache-le bien, pourquoi je t’accepte. — Pars immédiatement, emporte cet anneau, — et remets-le à madame Silvia… — Elle m’aimait bien celle qui me le donna.