Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/166

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TROISIÈME BANDIT.

— Étant de pied léger, il nous a échappé, — mais Moïse et Valérius le poursuivent.

Au premier bandit.

— Conduis-la, toi, à l’extrémité occidentale de la forêt. — C’est là qu’est notre capitaine. Nous autres, nous poursuivrons le fuyard ; — le taillis est cerné, il ne peut pas s’évader.


PREMIER BANDIT, à Silvia.

— Allons ! il faut que je vous mène à la caverne de notre capitaine. — N’ayez pas peur ; il porte un cœur noble, — et il n’est pas homme à traiter une femme irrévérencieusement.


SILVIA.

— Ô Valentin ! c’est pour toi que j’endure ceci !

Ils sortent.

Scène XVIII.


[Une autre partie de la forêt.]


Entre Valentin.

VALENTIN.

Comme l’usage crée vite une habitude chez l’homme ! — Cette solitude ombreuse, ces bois infréquentés, — je m’en arrange mieux que des villes peuplées et florissantes. — Ici je puis m’asseoir seul, inaperçu de tous, — et sur les airs plaintifs du rossignol — chanter mes détresses, et soupirer mes malheurs. — Ô toi qui as pour foyer mon cœur, — ne laisse pas ta demeure si longtemps inoccupée, — de peur que, tombant en ruines, l’édifice ne s’écroule, — sans laisser même le souvenir