Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/196

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tout droit chercher les ducats, — donner un coup d’œil à mon logis, laissé à la garde périlleuse — d’un valet négligent ; et aussitôt — je suis à vous.

Il sort.

ANTONIO.

Cours, aimable juif. — Cet Hébreu se fera chrétien, il devient bon.


BASSANIO.

— Je n’aime pas les plus beaux termes à la pensée d’un coquin.


ANTONIO.

— Marchons. Il n’y a ici rien à redouter : — mes navires arrivent un mois avant l’échéance.

Ils sortent.

Scène IV.


Belmont. Chez Portia.]


Fanfare de cor. Entre le prince de Maroc, more basané, vêtu de blanc, et trois ou quatre courtisans costumés de même : Puis Portia, Nérissa et d’autres suivantes.

MAROC.

— Ne me prenez point en aversion à cause de mon teint, — sombre livrée du soleil de bronze — dont je suis le voisin et près de qui j’ai été nourri ! — Amenez-moi l’être le plus blanc qui soit né vers le Nord, — là où le feu de Phébus fait à peine fondre les glaçons ; — et pour l’amour de vous, faisons-nous une incision — afin de voir qui des deux a le sang le plus rouge. — Je te le dis, belle dame, ce visage — a terrifié les vaillants, et, je le