Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/204

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mal traité, m’oblige, comme mon père, en sa qualité de vieillard, vous l’expliquera, j’espère, avec féconde…


GOBBO.

J’ai ici un plat de pigeons que je voudrais offrir à votre Excellence, et ma requête est…


LANCELOT.

Bref, la requête est pour moi de grande impertinence, ainsi que votre Excellence l’apprendra par cet honnête vieillard, qui, quoique ce soit moi qui le dise, est pauvre, quoique vieux, et de plus est mon père…


BASSANIO.

Qu’un de vous parle pour tous deux… Que voulez-vous ?


LANCELOT.

Vous servir, monsieur.


GOBBO.

Voilà l’unique méfait de notre demande, monsieur.


BASSANIO, à Lancelot.

— Je te connais bien ; tu as obtenu ta requête. — Shylock, ton maître, m’a parlé aujourd’hui même — et a consenti à ton avancement, si c’est un avancement — que de quitter le service d’un riche juif pour te mettre — à la suite d’un pauvre gentilhomme comme moi.


LANCELOT.

Le vieux proverbe se partage très-bien entre mon maître Shylock et vous, monsieur : vous avez la grâce de Dieu, monsieur, et lui, il a de quoi.


BASSANIO.

— Bien dit… Va, père, avec ton fils. — Va prendre congé de ton vieux maître, et fais-toi indiquer — ma demeure.

À ses gens.

Qu’on lui donne une livrée — plus galonnée qu’à ses camarades. N’y manquez pas.

Il s’entretient à voix basse avec Léonardo.