Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/221

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

qu’il hâterait autant que possible — son retour. Il a répondu : N’en faites rien, — Bassanio, ne brusquez pas les choses à cause de moi, — mais attendez que le temps les ait mûries. — Et quant au billet que le juif a de moi, — qu’il ne préoccupe pas votre cervelle d’amoureux. — Soyez gai ; consacrez toutes vos pensées — à faire votre cour et à prouver votre amour — par les démonstrations que vous croirez les plus décisives. — Et alors, les yeux gros de larmes, — il a détourné la tête, tendu la main derrière lui, — et, avec une prodigieuse tendresse, — il a serré la main de Bassanio. Sur ce, ils se sont séparés.


SOLANIO.

Je crois qu’il n’aime cette vie que pour Bassanio. — Je t’en prie, allons le trouver, — et secouons la mélancolie qu’il couve — par quelque distraction.


SALARINO.

Oui, allons.

Ils sortent.

Scène XII.


[Belmont. Dans le palais de Portia.]


Entre Nérissa, suivie d’un valet.

NÉRISSA.

— Vite ! vite ! tire les rideaux sur-le-champ, je te prie ; — le prince d’Aragon a prêté serment — et vient faire son choix à l’instant même.


Fanfares de cors. Entrent le prince d’Aragon, Portia et leur suite.

PORTIA.

— Regardez, ici sont les coffrets, noble prince ; — si