Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/225

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jeune Vénitien qui arrive en avant — pour signifier l’approche de son maître. — Il apporte de sa part des hommages substantiels, — consistant, outre les compliments et les murmures les plus courtois, — en présents de riche valeur. Je n’ai pas encore vu — un ambassadeur d’amour aussi avenant ; — jamais jour d’avril n’a annoncé aussi délicieusement — l’approche du fastueux été — que ce piqueur la venue de son maître.


PORTIA.

— Assez, je te prie. J’ai à moitié peur — que tu ne dises bientôt qu’il est de tes parents, — quand je te vois dépenser à le louer ton esprit des grands jours. — Viens, viens, Nérissa ; car il me tarde de voir — ce rapide courrier de Cupido, qui arrive si congrûment.


NÉRISSA.

— Veuille, seigneur Amour, que ce soit Bassanio !

Tous sortent.

Scène XIII.


[Une rue de Venise.]


Entrent Solanio et Salarino.

SOLANIO.

Maintenant quelles nouvelles sur le Rialto ?


SALARINO.

Et bien, le bruit court toujours, sans être démenti, qu’un navire richement chargé, appartenant à Antonio, a fait naufrage dans le détroit, aux Goodwins : c’est ainsi, je crois, que l’endroit s’appelle. C’est un bas-fond dangereux et fatal où gisent enterrées les carcasses de bien des