Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/237

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— chaos où tous les sentiments, mêlés ensemble, — se confondent en une joie suprême — qui s’exprime sans s’exprimer. Quand cette bague — aura quitté ce doigt, alors ma vie m’aura quitté ; — oh ! alors, dites hardiment : Bassanio est mort.


NÉRISSA.

— Mon seigneur et madame, voici le moment pour nous — spectateurs qui avons vu nos vœux s’accomplir, — de crier : Bonheur ! Bonheur à vous, mon seigneur et madame !


GRATIANO.

— Mon seigneur Bassanio et vous, ma gentille dame, — je vous souhaite tout le bonheur que vous pouvez souhaiter, — car je suis sûr que vos souhaits ne s’opposent pas à mon bonheur. — Le jour où Vos Excellences comptent solenniser — l’échange de leur foi, je les en conjure, — qu’elles me permettent de me marier aussi.


BASSANIO.

— De tout mon cœur, si tu peux trouver une femme.


GRATIANO.

— Je remercie Votre Seigneurie ; vous m’en avez trouvé une. — Mes yeux sont aussi prompts que les vôtres, mon seigneur. — Vous voyiez la maîtresse, j’ai regardé la suivante. — Vous aimiez, j’ai aimé ; car les délais — ne sont pas plus de mon goût, seigneur, que du vôtre. — Votre fortune était dans ces coffrets que voilà, — la mienne aussi, comme l’événement le prouve. — J’ai sué sang et eau pour plaire, — je me suis desséché le palais à prodiguer — les serments d’amour, et enfin, si cette promesse est une fin, — j’ai obtenu de cette belle la promesse — qu’elle m’accorderait son amour, si vous aviez la chance — de conquérir sa maîtresse.


PORTIA.

Est-ce vrai, Nérissa ?