Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/242

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PORTIA.

— Ô mon amour, terminez vite vos affaires et partez.


BASSANIO.

— Puisque vous me donnez la permission de partir, — je vais me hâter : mais d’ici à mon retour, aucun lit ne sera coupable de mon retard, — aucun repos ne s’interposera entre vous et moi.

Tous sortent.

Scène XV.


[Venise. Une rue.]


Entrent Shylock, Salarino, Antonio et un geôlier.

SHYLOCK.

— Geôlier, ayez l’œil sur lui… Ne me parlez pas de pitié… — Voilà l’imbécile qui prêtait de l’argent gratis ! — Geôlier, ayez l’œil sur lui.


ANTONIO.

Pourtant écoute-moi, bon Shylock.


SHYLOCK.

— Je réclame mon billet : ne me parle pas contre mon billet, j’ai juré que mon billet serait acquitté. — Tu m’as appelé chien sans motif ; — eh bien ! puisque je suis chien, prends garde à mes crocs. — Le doge me fera justice. Je m’étonne, — mauvais geôlier, que tu sois assez faible — pour sortir avec lui sur sa demande.


ANTONIO.

— Je t’en prie, écoute-moi.


SHYLOCK.

— Je réclame mon billet, je ne veux pas t’entendre ;