Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/247

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interprète égrillard ! — Allons ! je te dirai tout mon plan, — quand je serai dans mon coche qui nous attend — à la porte du parc. Dépêchons-nous, — car nous avons vingt milles à faire aujourd’hui.

Ils sortent.

Scène XVII.


[Les jardins de Portia à Belmont.]


Entrent Lancelot et Jessica.

LANCELOT.

Oui, vraiment : car, voyez-vous, les péchés du père doivent retomber sur les enfants ; aussi, je vous promets que j’ai peur pour vous. J’ai toujours été franc avec vous, et voilà pourquoi j’agite devant vous la matière. Armez-vous donc de courage ; car, vraiment, je vous crois damnée. Il ne reste qu’une espérance en votre faveur, et encore c’est une sorte d’espérance bâtarde.


JESSICA.

Et quelle est cette espérance, je te prie ?


LANCELOT.

Ma foi, vous pouvez espérer à la rigueur que votre père ne vous a pas engendrée, que vous n’êtes pas la fille du juif.


JESSICA.

C’est là, en effet, une sorte d’espérance bâtarde. En ce cas, ce seraient les péchés de ma mère qui seraient visités en moi.


LANCELOT.

Vraiment, donc, j’ai peur que vous ne soyez damnée et de père et de mère : ainsi, quand j’évite Scylla, votre