Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/251

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table ; — alors, quoi que tu dises, je le digérerai — avec tout le reste.


JESSICA.

C’est bien, je vais vous démasquer.

Ils sortent.

Scène XVIII.


[Venise. Une cour de justice.]


Entrent le Doge, les Magnifiques, Antonio, Bassanio, Gratiano, Solarino, Solanio et autres.

LE DOGE.

— Eh bien, Antonio est-il ici ?


ANTONIO.

Aux ordres de Votre Grâce.


LE DOGE.

— J’en suis navré pour toi : tu as à répondre — à un adversaire de pierre, à un misérable inhumain, — incapable de pitié, dont le cœur sec ne contient pas — une goutte de sensibilité.


ANTONIO.

J’ai appris — que Votre Grâce s’était donné beaucoup de peine pour modérer — la rigueur de ses poursuites ; mais puisqu’il reste endurci, — et que nul moyen légal ne peut me soustraire — aux atteintes de sa rancune, j’oppose — ma patience à sa furie ; et je m’arme — de toute la quiétude de mon âme pour subir — la tyrannie et la rage de la sienne.


LE DOGE.

— Qu’on mande le juif devant la cour !


SOLANIO.

— Il attend à la porte ; le voici, monseigneur.