Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/263

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SHYLOCK.

— Ô le savant juge ! Voilà une sentence. Allons ! préparez-vous.


PORTIA.

— Arrête un peu. Ce n’est pas tout. — Ce billet-ci ne t’accorde pas une goutte de sang. — Les termes exprès sont : une livre de chair. — Prends donc ce qui t’est dû, prends ta livre de chair (21) ; — mais si, en la coupant, tu verses — une seule goutte de sang chrétien, tes terres et tes biens — sont, de par les lois de Venise, confisqués au profit de l’État de Venise.


GRATIANO.

— Ô juge émérite ! — Attention, juif !… Ô le savant juge !


SHYLOCK.

— Est-ce là la loi ?


PORTIA.

Tu verras toi-même le texte. — Puisque tu réclames justice, sois sûr — que tu obtiendras justice, plus même que tu ne le désires.


GRATIANO.

— Ô le savant juge !… Attention, juif !… Ô le savant juge !


SHYLOCK.

— Alors j’accepte l’offre… Payez-moi trois fois le billet, — et que le chrétien s’en aille.


BASSANIO.

Voici l’argent.


PORTIA.

Doucement ! — Le juif aura justice complète… Doucement… Pas de hâte ! — Il n’aura rien que la pénalité prévue.


GRATIANO.

— Ô juif ! quel juge émérite ! quel savant juge !