Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/270

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GRATIANO.

— Très-volontiers.


NÉRISSA, à Portia.

Monsieur, je voudrais vous dire un mot.

Bas.

— Je vais voir si je puis obtenir de mon mari — la bague que je lui ai fait jurer de garder toujours.


PORTIA.

— Tu l’obtiendras, je te le garantis. Ils nous donneront leur antique parole d’honneur — que c’est à des hommes qu’ils ont offert leurs bagues ; — mais nous leur tiendrons tête en jurant plus haut qu’eux le contraire. — Pars, dépêche-toi ! Tu sais où je t’attends.


NÉRISSA, à Gratiano.

— Allons, cher monsieur, voulez-vous me montrer cette maison.

Ils sortent.

Scène XX.


[Belmont. Une avenue menant au palais de Portia.]


Entrent Lorenzo et Jessica.

LORENZO.

— La lune resplendit. Dans une nuit pareille à celle-ci, — tandis que le suave zéphyr baisait doucement les arbres, — sans qu’ils fissent de bruit ; dans une nuit pareille, — Troylus a dû monter sur les murs de Troie — et exhaler son âme vers les tentes grecques — où reposait Cressida !


JESSICA.

Dans une nuit pareille, — Thisbé, effleurant la rosée d’un pas timide, — aperçut l’ombre du lion avant le lion même, — et s’enfuit effarée.