Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/273

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rivée. — Non, ce n’est pas la peine, pourquoi rentrerions-nous ? — Ami Stéphano, annoncez, je vous prie, — à la maison que votre maîtresse va arriver, — et faites jouer votre orchestre en plein air.

Stephano sort.

— Comme le clair de lune dort doucement sur ce banc ! — Venons nous y asseoir, et que les sons de la musique — glissent jusqu’à nos oreilles ! Le calme, le silence et la nuit conviennent aux accents de la suave harmonie. — Assieds-toi, Jessica. Vois comme le parquet du ciel — est partout incrusté de disques d’or lumineux. — De tous ces globes que tu contemples, — il n’est pas jusqu’au plus petit — qui, dans son mouvement, ne chante comme un ange, — en perpétuel accord avec les chérubins aux jeunes yeux ! — Une harmonie pareille existe dans les âmes immortelles : — mais tant que cette argile périssable la couvre — de son vêtement grossier, nous ne pouvons l’entendre.


Entrent les musiciens.

LORENZO, continuant.

— Allons ! éveillez Diane par un hymne. — Que vos plus suaves accents atteignent l’oreille de votre maîtresse, et attirez-la chez elle par la musique.

Musique.

JESSICA.

— Je ne suis jamais gaie quand j’entends une musique douce.


LORENZO.

— La raison est que vos esprits sont absorbés. — Remarquez seulement un troupeau sauvage et vagabond, — une horde de jeunes poulains indomptés ; — ils essayent des bonds effrénés, ils mugissent, ils hennissent, — em-