Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/281

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mari, — et, sans celui qui a maintenant la bague, — il me serait arrivé malheur ; j’ose répondre, — cette fois, sur la garantie de mon âme, que votre seigneur — ne violera jamais volontairement sa foi.


PORTIA, détachant un anneau de son doigt et le tendant à Antonio.

— Ainsi, vous serez sa caution. Donnez-lui cette bague — et dites-lui de la garder mieux que l’autre.


ANTONIO, remettant l’anneau à Bassanio.

— Tenez, seigneur Bassanio. Jurez de garder cette bague.


BASSANIO.

— Par le ciel ! c’est la même que j’ai donnée au docteur.


PORTIA.

— Je l’ai eue de lui. Pardonnez-moi, Bassanio… — Pour cette bague, le docteur a couché avec moi.


NÉRISSA.

— Pardonnez-moi aussi, mon gentil Gratiano : — ce méchant freluquet, vous savez, le clerc du docteur, — a couché avec moi la nuit dernière au prix de cette bague-ci.


GRATIANO.

— Ah çà ! répare-t-on les grandes routes — en été, quand elles sont parfaitement bonnes ? — Quoi ! nous serions cocus avant de l’avoir mérité ?


PORTIA.

— Ne parlez pas si grossièrement… Vous êtes tous ébahis. — Eh bien, prenez cette lettre, lisez-la à loisir : — elle vient de Padoue, de Bellario. — Vous y découvrirez que Portia était le docteur en question, — et Nérissa que voici, son clerc. Lorenzo — vous attestera que je suis partie d’ici aussitôt que vous, — et que je suis revenue il n’y a qu’un moment : je ne suis pas même — rentrée chez moi… Antonio, vous êtes le bienvenu. —