Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/325

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JACQUES.

La voici.

Si par hasard il arrive
Qu’un homme, changé en âne.
Laisse ses richesses et ses aises
Pour satisfaire un caprice entêté,
Duc ad me, duc ad me, duc ad me !
Ici il verra
D’aussi grands fous que lui,
S’il veut venir à moi.


AMIENS.

Que signifie ce duc ad me ?


JACQUES.

C’est une invocation grecque pour attirer les imbéciles dans un cercle… Je vais dormir si je peux ; si je ne peux pas, je vais déblatérer contre tous les premiers-nés d’Égypte.


AMIENS.

Et moi, je vais chercher le duc ; son banquet est tout préparé.

Ils se dispersent.

Scène IX.


[Sur la lisière de la forêt.]


Entrent Orlando et Adam.

ADAM.

Cher maître, je ne puis aller plus loin… Oh ! je meurs d’inanition ! Je vais m’étendre ici et y prendre la mesure de ma fosse. Adieu, mon maître.

Il s’affaisse à terre.

ORLANDO.

Comment, Adam ! tu n’as pas plus de cœur ! Ah ! vis encore un peu, soutiens-toi encore un peu, ranime-toi encore un peu ! Si cette farouche forêt produit quelque