Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/354

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savent pas la véritable fin. Après tout, c’est le douaire de leurs femmes ; ce n’est pas de leur propre apport. Des cornes ?… Dame, oui !… Pour les pauvres gens seulement ?… Non, non ; le plus noble cerf en a d’aussi amples que le plus vilain. L’homme solitaire est-il donc si heureux ? Non. De même qu’une ville crénelée est plus majestueuse qu’un village, de même le chef d’un homme marié est plus honorable que le front uni d’un célibataire. Et autant une bonne défense est supérieure à l’impuissance, autant la corne est préférable à l’absence de corne.


Entre sire Olivier Gâche-Texte.

PIERRE DE TOUCHE.

Voici sire Olivier… Sire Olivier Gâche-Texte, vous êtes le bien venu. Voulez-vous nous expédier sous cet arbre, ou irons-nous avec vous à votre chapelle ?


SIRE OLIVIER.

Est-ce qu’il n’y a personne ici pour présenter la femme ?


PIERRE DE TOUCHE.

Je ne veux l’accepter d’aucun homme.


SIRE OLIVIER.

Il faut vraiment qu’elle soit présentée, ou le mariage n’est pas légal.


JACQUES, s’avançant.

Procédez, procédez ! je la présenterai.


PIERRE DE TOUCHE.

Bonsoir, cher monsieur. Qui vous voudrez ! Comment va, messire ? Vous êtes le très-bien venu : Dieu vous bénisse pour cette dernière visite ! Je suis bien aise de vous voir…

Montrant le chapeau que Jacques garde à la main.

Quoi ! ce joujou à la main, messire ?… Allons, je vous en prie, couvrez-vous.