Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/356

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SIRE OLIVIER.

C’est égal… Jamais aucun de ces drôles fantasques ne parviendra à me dégrader de mon ministère.

Il sort.

Scène XIV.


[Une chaumière sur la lisière de la forêt.]


Entrent Rosalinde et Célia.

ROSALINDE.

Ne me parle plus, je veux pleurer.


CÈLIA.

À ton aise, je t’en prie : pourtant aie la bonté de considérer que les larmes ne conviennent pas à un homme.


ROSALINDE.

Mais est-ce que je n’ai pas motif de pleurer ?


CÉLIA.

Un aussi bon motif qu’on peut le désirer ; ainsi pleure.


ROSALINDE.

Ses cheveux mêmes ont la couleur de la trahison.


CÈLIA.

Ils sont un peu plus bruns que ceux de Judas : au fait, ses baisers sont baisers judaïques.


ROSALINDE.

À dire vrai, ses cheveux sont d’une fort bonne couleur(26).


CÉLIA.

Excellente ! votre châtain est toujours la seule couleur.


ROSALINDE.

Et ses baisers sont aussi pleins d’onction que le contact du pain bénit.