Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/358

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CÉLIA.

Oh ! voilà un galant homme ! Il écrit des vers galants, parle en mots galants, multiplie les serments galants et les rompt galamment à plat sur le cœur de sa maîtresse, tel qu’un jouteur novice qui n’éperonne son cheval que d’un côté et rompt sa lance de travers comme un noble oison. N’importe ! ce que jeunesse monte et folie guide est toujours galant… Qui entre ici ?


Entre Corin.

CORIN.

— Maîtresse, et vous, maître, vous vous êtes souvent enquis — de ce berger qui se plaignait de l’amour — et que vous avez vu assis près de moi sur le gazon, — vantant la fière et dédaigneuse bergère, — sa maîtresse.


CÉLIA.

Oui, après ?


CORIN.

— Si vous voulez voir une scène jouée au naturel — entre le teint pâle de l’amour pur — et la vive rougeur de l’arrogant et fier dédain, — venez à quelques pas d’ici et je vous conduirai, pour peu que vous souhaitiez être spectateurs.


ROSALINDE.

Oh ! venez ! partons ! — La vue des amants soutient les amoureux… — Conduisez-nous à ce spectacle, et vous verrez — que je jouerai un rôle actif dans la pièce.

Ils sortent.

Scène XV.


[Dans la forêt.]


Entrent Silvius et Phébe.

SILVIUS.

— Non, Phébé ; ne me rebutez pas, charmante Phébé.