Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/374

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TOUS LES CHASSEURS.

Ne fais pas fi de porter la corne.
Elle servait de cimier avant ta naissance.


PREMIER CHASSEUR.

Le père de ton père l’a portée.


DEUXIÈME CHASSEUR.

Et ton père l’a portée.


TOUS LES CHASSEURS.

La corne, la corne, la puissante corne
N’est chose risible ni méprisable !


Scène XVIII.


[Dans la forêt. Un plateau dominant une vallée, au bas de laquelle on distingue vaguement une cabane.]


Entrent Rosalinde et Cèlia.

ROSALINDE.

Qu’en dites-vous à présent ? Il est passé deux heures, et si peu d’Orlando !


CÈLIA.

Je vous garantis que, cédant à l’amour pur et au trouble de sa cervelle, il a pris son arc et ses flèches et est allé… dormir… Voyez donc ! qui vient ici ?


Entre Silvius.

SILVIUS, à Rosalinde.

— J’ai un message pour vous, beau jouvenceau. — Ma mie Phébé m’a dit de vous donner ceci.

Il lui remet une lettre que Rosalinde lit.

— Je ne sais pas le contenu de ce billet ; mais, si j’en juge — par le front sévère et par la mine irritée — qu’elle avait en l’écrivant, — la teneur en doit être furieuse. Pardonnez-moi, — je ne suis que l’innocent messager.