Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1873, tome 12.djvu/148

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Ce gant est à moi, par cette main levée ! je t’applique un soufflet.


LE ROI HENRY.

Si jamais je vis pour voir ça, je t’en demanderai raison.


WILLIAMS.

Autant vaudrait avoir le courage de t’aller pendre.


LE ROI HENRY.

Oui, je le ferai, quand je te trouverais dans la compagnie du roi.


WILLIAMS.

Tiens ta parole. Adieu.


BATES.

Restez amis, Anglais stupides, restez amis ; nous avons assez de querelles avec les Français, si vous saviez calculer.


LE ROI HENRY.

Effectivement, les Français peuvent parier vingt écus contre un qu’ils nous battront, car ils peuvent nous opposer vingt écus pour un ; mais il n’y a pas de félonie pour nous autres Anglais à ébrécher les écus français, et le roi lui-même compte en rogner demain.

Les soldats sortent.



LE ROI HENRY, seul, continuant.

… À la charge du roi ! mettons nos vies, nos âmes, — nos dettes, nos femmes et leurs soucis, nos enfants et — nos péchés à la charge du roi !… Il faut que nous répondions de tout !… — Ô dure condition, jumelle de la grandeur ! — Être en butte au murmure du premier sot venu — qui n’a de sentiment que pour ses propres souffrances ! — Que de bonheurs infinis auxquels doivent renoncer les rois — et dont jouissent les particuliers ! — Et que possèdent les rois que les particuliers ne possèdent pas également, — hormis la pompe, la pompe publique ? —