Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/19

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Dont les vœux virginaux, purifiant les âmes,
Ont maîtrisé les sens !
Mais le bonheur terrestre est aux roses vivantes
Distillant en parfums les sèves de la terre,
Et non pas à la fleur que la vie épouvante,
Et dont la froide odeur s’évente
Dans la retraite solitaire !


HERMIA

Eh bien, soit ! Je préfère croître,
Vivre et mourir au fond d’un cloître ;
Je renonce à ma liberté,
Plutôt que de faire fléchir
Mon cœur sous un joug détesté !…


THÉSÉE

Prenez le temps de réfléchir,
Ma fille !… Au jour prochain de la lune nouvelle,
Qui doit nous réunir, mon Hippolyte et moi,
Vous nous ferez savoir si vous avez fait choix
De la mort, dont la loi punit l’enfant rebelle,
De l’amour, qu’autorise un paternel aveu,
Ou bien du saint autel où s’engagent les vœux !


DÉMÉTRIUS

Hermia ! Ma bonne, ma tendre
Hermia, laissez-vous fléchir !… Et toi, Lysandre,
Sois donc généreux en cédant
Ton titre imaginaire à mon droit évident !


LYSANDRE

Non ! N’attends pas, mon cher, que je me sacrifie !
Mais l’affaire, du moins, peut être transigée :
Puisque tu sus gagner l’affection d’Égée,
Épouse donc le père et laisse-moi la fille !