Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/46

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Comme une folle tu te livres,
La nuit, à la merci d’un homme qui te hait,
Exposant le trésor de ta virginité
Aux conseils tentateurs de ces lieux écartés !


HÉLÈNE

Votre honneur est ma sauvegarde !
Ce bois est-il désert si vous m’êtes le monde ?…
Parmi l’ombre profonde
Où mes pas se hasardent.
Le feu de vos yeux me protège ;
Et quelle nuit redouterais-je
Quand le monde entier me regarde ?


DÉMÉTRIUS

[Il faudra donc que je me sauve,
Et que, te dérobant ma trace,
Je t’abandonne aux dents voraces
Des bêtes fauves !


HÉLÈNE

La plus impitoyable est meilleure que vous !
Fuyez où vous voudrez : Vous retournez la règle
Et la légende, voilà tout !
Apollon fuit Daphné ! Le pigeon chasse l’aigle !
Et la biche poursuit le loup !…
Mais fous sont leurs efforts et vaines leurs menaces
C’est la timidité qui court après l’audace !]


DÉMÉTRIUS

Assez de tes discours serviles !
Lâche-moi ! Sinon crains ma rage !
Je te jure que je t’outrage
Ici-même !…Partout, au temple, dans la ville