Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/53

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Nuit et silence… Qui va là ?…
Un homme !… Une toge de laine !…
C’est toi, monstre où rien ne palpite !…
Et voici la pauvre petite
Dont le sommeil berce la peine…
Chère âme, elle n’a pas osé
Se coucher auprès de ce traître !…
Rustre ! Bourreau ! Tu vas connaître
Les fièvres d’un cœur embrasé !
Que l’amour, à jamais, écarte
La paix de tes vœux haletants !…

Il exprime quelques gouttes du suc magique sur les yeux
de LYSANDRE.

Ceci fait, il faut que je parte
Car Obéron m’attend…
Réveille-toi, dans un instant !…

Il sort.
Entrent, en courant, DÉMÉTRIUS et HÉLÈNE.

HÉLÈNE

Arrête ! Je t’en prie… Ou donne-moi la mort !
Je n’en puis plus, Démétrius !…-moi la mort !


DÉMÉTRIUS

Je n’en puis plus, Démétrius !Je n’en ai cure !
Assez ! Va-t’en !…Je n’en puis plus, Démétrius !


HÉLÈNE

Assez ! Va-t’en !…Peux-tu me laisser sans remords,
Dans cette nuit obscure ?