Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/65

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Ta voix captive mon oreille !
Et comment, désormais, te cacher que je t’aime,
Si mon cœur est ravi par ton mérite extrême
Et par ta beauté sans pareille ?


CULASSE

Il me semble, madame, — et sans cérémonies —
Qu’on voit peu les raisons de ce galant discours !
Mais, par le temps qui court,
La raison et l’amour
Vont rarement de compagnie !
Il est même fâcheux que d’honnêtes témoins
De ce trop long duel
N’aient pas essayé, tout au moins,
De rétablir entre eux un accord mutuel !…
Vous voyez qu’au besoin
Je suis spirituel !…


TITANIA

Égale à ta beauté, ta sagesse est sans prix !…


CULASSE

Non, n’exagérez pas !… Mais si j’avais l’esprit
Qu’il faut pour sortir de ce bois,
J’en aurais juste à mon désir !


TITANIA

Ah, ne souhaite point de t’éloigner de moi !
Tu resteras ! D’ailleurs tu n’as pas à choisir !
J’appartiens aux esprits suprêmes,
Et l’été que je te promets
Chez moi, ne finira jamais !
Viens donc, puisque je t’aime !
Mes elfes sont à ton service ;
Ils iront te chercher au fond des précipices