Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/95

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CULASSE

Ah, j’adore chanter quand je suis en goguette !
Et je n’ai pas l’oreille d’un profane !
Apportez donc deux baguettes
Et de la peau d’âne !


TITANIA

Veux-tu qu’on t’apprête un festin ?


CULASSE

Eh, je ne dis pas non ! Quelque bon picotin,
Des chardons, du foin ; une botte
De foin ; rien n’est meilleur pour vous mettre en ribote,
Avec de l’avoine bien sèche


TITANIA

Un sylphe peut, en un clin d’œil,
Chercher au nid d’un écureuil
Quelques noisettes toutes fraîches !…


CULASSE

J’aime mieux les pois secs !… Pourtant,
Que personne ne se dérange !
Il est trop tard pour que je mange ;
Je vais dormir quelques instants
Je me sens une étrange
Indisposition au sommeil !… Dors, mon ange !…


TITANIA

Indisposition au sommeil !… Dors, mon ange !…
Mes deux bras berceront ton sommeil enfantin…
Sylphes ! Disparaissez soudain !…
Ainsi la glycine sauvage
Et la glycine des jardins
Enlacent leurs bras de feuillage ;