Page:Shelley - Frankenstein, ou le Prométhée moderne, trad. Saladin, tome 2.djvu/11

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sant à la douleur de l’héroïque Élisabeth, que j’aimais tendrement, et dont l’existence était attachée à la mienne. Je pensais aussi à mon père, et au frère qui me restait : les laisserai-je, par une lâche désertion, exposés, sans protection, à la méchanceté du Démon que j’avais lancé au milieu d’eux ?

Dans ces momens, des larmes amères inondaient mon visage. Je désirais que la paix rentrât dans mon esprit, mais je ne la voulais que pour leur offrir des consolations et le bonheur. Vains désirs ! le remords m’ôtait toute espérance. J’avais causé des maux irréparables, et j’étais continuellement agité par la crainte, que le