Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/167

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Dans le vallon pourtant une vapeur légère
Flotte & s’étend déjà des champs pleins de fougère
Aux sapins chevelus.

Ils se taisent toujours. Mais derrière eux, sur l’herbe,
Est-ce un jeu de la nuit nonchalante & superbe
Qui rapproche sans cesse & bientôt confondra
Leurs deux ombres en une ? & de ses mains puissantes
Aura joint tout à fait leurs têtes rougissantes
Quand la lune viendra ?

La nature au repos chante avec indolence
Son éternel poëme. — Ô nature, silence !
Quel que soit ton génie, il est outre-passé ;
Un plus sublime accord nous émeut les entrailles,
Car, ici, le baiser des saintes fiançailles
Vers Dieu s’est élancé !

Les mères à pas lents sont enfin revenues,
Et les deux amoureux aux âmes ingénues
Sont allés les presser dans leurs bras triomphants :
« — Nous ne formerons plus qu’une même famille,
« Mères, mères, voici votre fils, votre fille,
« Bénissez vos enfants ! »