Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/180

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Car il n’est pas de conte entre les contes bleus
Qui vaille cette belle & pathétique histoire,
Où Jésus est si bon pour tous les malheureux.

Les autres, qui voudraient graver dans leur mémoire
Chaque verset que lit leur mère à haute voix,
Se penchent, car aimer c’est la moitié de croire.

Et, rendus attentifs & graves, tous les trois
Comme un parfum divin aspirent la Parole
Qu’ils trouvent, disent-ils, plus belle chaque fois.

Adieu le jeu bruyant & la chanson frivole !
Ils préfèrent le Christ qui parle du devoir
Et met l’enseignement dans une parabole.

Sources pures encore où le ciel peut se voir,
Leurs cœurs vierges & neufs, enivrés de lumière,
S’ouvrent avec candeur pour la mieux recevoir.

La lecture finie, ils ont fait la prière :
« Amen ! » dit une voix plus grave derrière eux.
C’est leur père debout & baissant la paupière.