Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/189

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L’amour, qui les unit voici cinquante années,
Avec la chaste odeur qu’ont les roses fanées,
S’exhale de leur cœur comme un souffle enchanté ;
Et la foi, qui soutint leurs âmes éprouvées,
Qui raffermit leurs mains vers le Seigneur levées,
Les baigne d’immortalité.

Graves des maux soufferts & des peines passées,
Confondant leurs regards, leurs soupirs, leurs pensées,
Tels ils sont à présent, tels ils furent toujours.
Leur jeunesse de cœur survit à la tempête
Qui fait trembler leurs pas ou s’incliner leur tête ;
Et si le temps n’a plus que des moments bien courts
À leur prêter encor, comme dans la vallée
D’un feu d’herbes des champs monte une flamme ailée
Qui jette au vent du soir un parfum pour adieu,
Lorsque l’heure viendra de leurs deux agonies,
Ils s’en iront ensemble, âmes toujours unies,
Dans la paix des enfants de Dieu !


Janvier - mars 18…