Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/24

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Patrocle, Diomède, Ajax, le vieux Nestor,
Devinrent les héros de nouvelles chimères.
J’en rêvais nuit & jour. Et que dirai-je encor ?

Ce fut le tour d’Eschyle aux puissantes colères,
Prométhée inspiré découvrant le vrai Dieu
Par delà les débris des idoles grossières.

Sans que j’en susse rien cependant, au milieu
De ce bizarre amas de songes & d’histoires,
La lumière, pour moi, se faisait peu à peu.

Les grandes vérités rayonnantes ou noires,
Les mondes inconnus, le passé submergé,
Remplacèrent ainsi les contes illusoires.

Le menton dans la main & le regard plongé
Dans les rangs infinis de confuses images,
Que de jours j’ai perdus sans en avoir congé !

Tout alors devenait tableau : les trois rois mages,
Que la légende amène aux pieds du Christ enfant,
M’apparaissaient vêtus de robes à ramages.