Page:Smith - Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Blanqui, 1843, II.djvu/129

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ils établirent un impôt très-onéreux sur la masse du peuple, mais ils ne parvinrent pas pour cela à augmenter, d’une manière tant soit peu sensible, la valeur réelle de leur marchandise : en rabaissant de quelque chose la valeur réelle de l’argent, ils découragèrent à un certain point l’industrie générale du pays et, au lieu d’avancer l’amélioration de leurs terres, qui dépend toujours nécessairement de l’état où se trouve l’industrie générale du pays, ils la retardèrent plus ou moins[1].

On pourrait penser que, pour encourager la production d’une marchandise quelconque, une prime accordée à la production aurait un effet plus direct qu’une prime accordée à l’exportation ; celle-là d’ailleurs n’établirait d’autre impôt sur le peuple que celui qu’il faudrait payer pour acquitter la dépense publique de la prime. Au lieu de faire monter le prix de la marchandise sur le marché intérieur, elle tendrait à le faire baisser et, par là, au lieu de grever le peuple d’un second impôt, elle pourrait au moins, en partie, offrir une sorte de dédommagement pour ce que lui aurait coûté le premier[2]. Cependant, ce

  1. Mac Culloch admet l’inverse de ce paragraphe : • Une prime à l’exportation du blé, dit-il, en élève le prix, et, en forçant de cultiver des terres inférieures, elle élève la rente. (C’est la théorie de Ricardo, qui est l’article de foi fondamental de l’école du commentateur.) Elle produit donc un avantage réel et durable aux propriétaires ; tandis qu’une prime à l’exportation sur des marchandises manufacturées ne donné aux producteurs de ces denrées que des avantages insignifiants et temporaires. »
  2. Une prime accordée à la production ne réduirait pas le prix des céréales ; elle augmenterait seulement les revenus des propriétaires des terres.
    Buchanan.