Page:Smith - Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Blanqui, 1843, II.djvu/406

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chap. xliv), non-seulement le Sénégal et ses dépendances, mais toute la côte, depuis le port de Salé, au midi de la Barbarie, jusqu’au cap Rouge, furent distraits de la juridiction de cette compagnie, remis entre les mains de la couronne, et le commerce de cette partie déclaré libre pour tous les sujets de Sa Majesté. La compagnie avait été soupçonnée de comprimer le commerce et de s’être attribué quelque monopole illégal. Il n’est cependant pas bien aisé de comprendre comment elle pouvait en venir à bout avec toutes les restrictions portées par l’acte de la vingt-troisième de Georges II. Toutefois, je remarque dans les débats imprimés de la Chambre des communes, qui ne sont pas toujours les registres les plus authentiques de la vérité, que ces accusations ont été portées contre la compagnie. Les membres du comité des neuf étant tous commerçants, et les gouverneurs et facteurs des différents forts et établissements de la compagnie étant sous leur dépendance, il n’est pas hors de vraisemblance que ceux-ci aient donné une attention plus particulière aux commissions et expéditions de marchandises venant de la part des premiers ; ce qui aurait établi un véritable monopole.

Pour remplir le second objet de la loi, l’entretien des forts et garnisons, il leur a été accordé par le parlement une somme annuelle, montant communément à environ 13,000 liv. Pour justifier de l’emploi de cette somme, le comité est obligé de compter annuellement devant le baron cursitor de l’échiquier[1], et le compte est ensuite mis sous les yeux du parlement. Mais le parlement, qui donne si peu d’attention à l’emploi de millions, n’en donne vraisemblablement pas beaucoup à l’emploi d’une somme de 13,000 liv. par année, et le baron cursitor de l’Échiquier, par sa profession et le genre de son éducation, n’est pas probablement très-profondément versé dans la connaissance des dépenses convenables pour des forts et garnisons. À la vérité, les capitaines des vaisseaux de Sa Majesté ou quelques autres officiers en commission, nommés par la chambre de l’amirauté, peuvent inspecter l’état des forts et garnisons, et faire le rapport de leurs observations à la chambre. Mais il ne paraît pas que cette chambre ait aucune juridiction directe sur le comité, ni qu’elle ait aucun pouvoir de punir ceux dont elle peut ainsi inspecter la conduite ; et d’ailleurs,

  1. Les officiers composant la cour de l’échiquier ont tous le titre de baron. L’un d’eux a la dénomination de cursitor. Ses fonctions principales consistent à signer en chef les actes émanés de cette cour.