Page:Smith - Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Blanqui, 1843, II.djvu/500

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outre l’or et l’argent circulant, ou de la demande d’un capital en choses consommables, tel qu’on n’ait pu se le procurer sans envoyer au-dehors, pour l’acheter, la plus grande partie de l’or et de l’argent du pays ; 2° du bon crédit du gouvernement, qui s’est servi de cette ressource ; 3° de la modération avec laquelle on en fait usage, la valeur totale de ces billets de crédit n’ayant jamais excédé celle de la monnaie d’or et d’argent qui eût été nécessaire pour faire marcher la circulation, s’il n’y eût pas eu de billets. La même ressource a été adoptée en différentes occasions, par plusieurs autres colonies américaines ; mais, faute de cette modération, elle a produit, dans la plupart de ces colonies, plus de désordres que d’avantages.

Toutefois, la nature mobile et périssable du crédit et des capitaux ne permet pas qu’on puisse s’en reposer sur eux pour former la principale base de ce revenu assuré, solide et permanent, qui seul peut donner au gouvernement de la sécurité et de la dignité. Aussi ne paraît-il pas que, parmi les grandes nations avancées au-delà de l’état pastoral, le gouvernement ait jamais fondé sur de pareilles ressources une grande partie du revenu public.

La terre est un fonds d’une nature plus stable et plus permanente et, en conséquence, une rente de terres a formé souvent la principale source du revenu public, chez de grandes nations qui avaient déjà dépassé de fort loin l’âge des peuples pasteurs. Les républiques anciennes de la Grèce et de l’Italie ont pendant longtemps tiré, du produit ou de la rente des terres publiques, la majeure partie du revenu qui fournissait aux dépenses nécessaires de l’État. Les rentes de terres de la couronne ont constitué, pendant longtemps, la plus grande partie du revenu des anciens souverains de l’Europe.

La guerre et les préparatifs de guerre sont les deux circonstances qui occasionnent, dans les temps modernes, la plus grande partie de la dépense nécessaire à tous les grands États. Mais, dans les anciennes républiques de la Grèce et de l’Italie, tout citoyen était soldat, et c’était à ses propres dépens qu’il servait et qu’il se préparait à servir. Ainsi, aucune de ces deux circonstances ne pouvait occasionner de dépense considérable pour l’État. La rente d’un domaine très-modique pouvait largement suffire à couvrir toutes les autres dépenses du gouvernement.

Dans les anciennes monarchies de l’Europe, les mœurs et les usages des temps préparaient suffisamment à la guerre la masse des sujets ; et