Page:Smith - Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Blanqui, 1843, II.djvu/93

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La ville d’Amsterdam tire de la banque un revenu considérable, outre ce qu’on peut appeler le loyer de magasin ou droit de dépôt, dont nous avons parlé. Chaque personne qui ouvre pour la première fois un compte avec la banque paye un droit de 18 florins, et pour chaque nouveau compte, 3 florins 3 stivers ; pour chaque transfert sur les livres, on paye 2 stivers, et si le transfert est pour une somme au-dessous de 300 florins, on paye 6 stivers ; ce qui a eu pour objet d’empêcher que les petites opérations ne devinssent trop multipliées[1]. Une personne qui néglige de régler son compte deux fois par an paye, par forme d’amende, 25 florins. Une personne qui passe à l’ordre de quelqu’un un transfert pour une somme qui excède le crédit porté à son compte, est obligée de payer 3 pour 100 de l’excédant, et par-dessus le marché son ordre est mis au rebut[2]. On pense aussi que la banque fait un gros profit sur la vente des espèces étrangères ou des lingots qu’on lui laisse quelquefois faute de renouveler les récépissés, et qu’elle garde toujours jusqu’à ce qu’elle trouve le moment de les vendre avantageusement. Elle fait encore un profit en vendant l’argent de banque à 5 pour 100 d’agio, et le rachetant à 4. Ces divers bénéfices s’élèvent bien au-dessus de ce qui est nécessaire pour payer les gages des employés et défrayer les autres dépenses d’administration. Ce qui se paye seulement pour la garde des lingots sur récépissés monte, par année, à un revenu net de 150 à 200,000 florins. D’ailleurs, l’objet de cette institution a été l’utilité publique, et non le projet d’en tirer aucun revenu. Son but était de soulager le commerce des inconvénients d’un change défavorable ; le revenu qui en résulterait n’entrait pas dans le calcul, et on peut le regarder comme accidentel.

Mais il est bien temps de terminer cette longue digression, dans laquelle je me suis insensiblement laissé entraîner en cherchant à expliquer les raisons pour lesquelles, entre les pays qui payent en ce qu’on appelle argent de banque, et ceux qui payent en espèces courantes, le change paraît généralement être en faveur des premiers et contre les autres. Les premiers payent en une espèce de monnaie dont la va-

  1. In en coûte aussi 6 stiv. pour chaque partie qu’on veut faire écrire en banque passé onze heures du matin.
  2. Mais si le même jour il entre en banque, à son compte, une somme suffisante, l’amende est réduite à un demi pour 100. Au reste, toutes les amendes pour corrections de compte ou retard d’heure sont au profit des pauvres.