Page:Smith - Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Blanqui, 1843, II.djvu/94

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leur intrinsèque est toujours la même, et précisément conforme aux titre et poids de fabrication de leurs monnaies respectives ; les autres payent en une espèce de monnaie dont la valeur intrinsèque est dans le cas de varier sans cesse, et se trouve presque toujours plus ou moins au-dessous de ce poids de fabrication.


DEUXIÈME SECTION,
Où l’absurdité des règlements de commerce est démontrée d’après d’autres principes.


Dans la première partie de ce chapitre, j’ai cherché à faire voir combien, d’après les principes mêmes du système mercantile, il est inutile de mettre des entraves extraordinaires à l’importation des marchandises tirées des pays avec lesquels on suppose la balance défavorable.

Mais toute cette doctrine de la balance du commerce, sur laquelle on fonde, non-seulement ces mesures, mais encore presque tous les autres règlements de commerce, est la chose la plus absurde qui soit au monde. Elle suppose que quand deux places commercent l’une avec l’autre, si la balance est égale des deux parts, aucune des deux places ne perd ni ne gagne ; mais que si la balance penche d’un côté à un certain degré, l’une de ces places perd, et l’autre gagne en proportion de ce dont la balance s’écarte du parfait équilibre. Ces deux suppositions sont également fausses. Un commerce forcé, que l’on soutient à l’aide de primes et de monopoles, peut bien être et est même pour l’ordinaire désavantageux au pays en faveur duquel on s’est proposé de l’établir, comme je chercherai à le démontrer bientôt[1]. Mais un commerce qui se fait naturellement et régulièrement entre deux places, sans moyens de contrainte, est un commerce toujours avantageux à toutes les deux, quoiqu’il ne le soit pas toujours autant à l’une qu’à l’autre.

Par avantage ou gain, je n’entends pas dire un accroissement dans la quantité de l’or et de l’argent du pays, mais un accroissement dans la valeur échangeable du produit annuel de ses terres et de son travail, ou bien un accroissement dans le revenu de ses habitants.

Si la balance est égale des deux parts, et si le commerce entre ces deux places ne consiste uniquement que dans l’échange respectif de leurs marchandises nationales, alors, dans la plupart des circonstances,

  1. Chapitres v et vii, section iii.