Page:Smith - Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Blanqui, 1843, II.djvu/97

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chandises de l’Inde que l’Angleterre payât ses importations annuelles de France, mais que ce fût avec de l’or ou de l’argent, alors, dans une telle supposition, la balance serait censée inégale, les marchandises ne se trouvant plus soldées en marchandises, mais en or ou en argent. Néanmoins, dans ce cas ainsi que dans le précédent, ce commerce aurait l’avantage de fournir un revenu aux habitants des deux pays, quoique plus grand à ceux de France qu’à ceux d’Angleterre[1]. Il rapporterait un revenu à l’Angleterre ; le capital qui aurait été employé à produire les marchandises anglaises avec lesquelles cet or et cet argent auraient été achetés, capital qui serait distribué entre quelques habitants de l’Angleterre et leur aurait fourni un revenu, se trouverait être par là remplacé et mis à même de continuer la même fonction. La masse totale du capital de l’Angleterre ne serait pas plus diminuée par cette exportation d’or et d’argent, que par l’exportation d’une valeur égale en toute autre marchandise. Au contraire, en plusieurs cas, elle en serait augmentée. On n’envoie hors d’un pays que les marchandises pour lesquelles on présume qu’il y a plus de demande au-dehors qu’au-dedans du pays, et dont on attend, par conséquent, des retours qui, à l’intérieur, auront plus de valeur que les marchandises exportées. Si une cargaison de tabac, valant en Angleterre seulement 100,000 livres, peut acheter, quand elle sera envoyée en France, une cargaison de vin valant en Angleterre 110,000 livres, un pareil échange augmentera de 10,000 livres la masse du capital de l’Angleterre. De même, si une valeur de 100,000 livres en or anglais achète des vins de France qui vaudront en Angleterre 110,000 livres, cet échange augmentera pareillement la masse du capital anglais d’une valeur de 10,000 livres. Si un marchand qui a pour 110,000 livres de vin dans ses caves est plus riche que celui qui n’a que pour 100,000 livres de tabac dans son magasin, il est également plus riche que celui qui n’a que 100,000 livres en or dans ses coffres. Il peut mettre en activité une plus grande quantité d’industrie, et donner de l’emploi et des moyens de subsister, fournir enfin un revenu à un plus grand nombre de personnes qu’aucun des deux autres ne pourrait faire. Or, le capital d’un pays est égal à la

  1. Il ne donnerait pas plus de revenu à un pays qu’à l’autre. L’exportation de l’or et de l’argent n’affecte pas plus le capital que l’exportation d’une valeur équivalente de toute autre espèce de marchandise, et ne peut par conséquent apporter de plus grand changement à l’industrie du pays. Mac Culloch.