Page:Spyri - Encore Heidi, 1882.pdf/11

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— Mon cher Sesemann, tu es toujours le même, répliqua le docteur en s’asseyant auprès de son ami. Je voudrais vraiment que ta mère fût ici, — avec elle au moins tout est clair et simple et l’on va droit son chemin ; mais avec toi on n’en finit jamais : voilà la troisième fois que tu me fais venir pour te répéter toujours la même chose.

— Oui, tu as raison, cette affaire doit un peu t’impatienter ; mais, cher ami, ne me comprends-tu pas ? — et ici Mr Sesemann posa la main sur l’épaule du docteur comme pour faire appel à sa sympathie ; — il m’est dur de refuser à mon enfant une chose que je lui avais si fermement promise et dont elle s’est réjouie nuit et jour depuis plusieurs mois. C’est même l’idée de ce prochain voyage en Suisse et l’espérance de visiter bientôt son amie Heidi sur l’alpe qui lui ont fait supporter si patiemment cette dernière crise douloureuse ; et maintenant il me faudrait retirer tout d’un coup une espérance si longtemps caressée à cette pauvre enfant qui est déjà privée de tant de jouissances ? Non, je ne le puis pas.

— Sesemann, il le faut, répondit le docteur avec fermeté ; et comme son ami demeurait silencieux et