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sorbée dans des pensées pénibles qui depuis la veille au soir la poursuivaient et ne l’avaient pas laissée dormir de toute la nuit. Lorsque Pierre, furieux, était rentré à la maison, elle avait pu saisir à travers ses exclamations entrecoupées que toute une troupe de gens allaient arriver de Francfort sur l’alpe. Quant à ce qui devait se passer ensuite, Pierre n’en savait rien ; mais les pensées de la grand’mère étaient allées plus loin, et c’étaient justement ces pensées qui la tourmentaient et lui avaient ôté le sommeil.

Heidi entra en courant, alla droit à la grand’mère, s’assit sur le petit tabouret qui était toujours prêt pour elle et raconta avec tant de vivacité tout ce qu’elle avait à dire quelle en fut elle-même toujours plus remplie. Mais elle s’arrêta tout à coup au milieu d’une phrase et demanda avec inquiétude :

— Qu’as-tu, grand’mère ? Est-ce que ça ne te fait pas plaisir ?

— Oui, oui, Heidi, je suis bien contente pour toi puisque tu en as une si grande joie, répondit-elle en s’efforçant de paraître un peu gaie.

— Mais grand’mère, je vois très bien que tu es