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vieillard revoyait devant lui son malade d’autrefois, et il lui semblait que maintenant c’était son affaire de soigner Clara et de la soulager par tous les petits services qu’il connaissait si bien.

Le ciel d’un bleu foncé s’étendait sans nuage au-dessus du chalet, des sapins et des grands rochers qui se découpaient en gris sur cet azur. Clara ne pouvait se lasser de regarder autour d’elle et de s’extasier sur tout ce qu’elle voyait

— Oh ! Heidi ! si seulement je pouvais aller partout avec toi et faire le tour du chalet jusque sous les sapins ! s’écria-t-elle avec l’expression d’un ardent désir. Si seulement je pouvais regarder avec toi tout ce que je connais depuis si longtemps sans l’avoir jamais vu !

Heidi tenta alors un grand effort et parvint à mettre en mouvement le fauteuil qui roula facilement sur le gazon bien sec jusque sous les sapins. Là, elles firent halte. Clara n’avait encore rien vu de pareil à ces vénérables sapins si hauts, et dont les longues branches touffues retombaient jusqu’à terre en s’épaississant toujours plus vers le bas. La grand’maman, qui avait suivi les enfants, restait aussi en