Page:Spyri - Encore Heidi, 1882.pdf/124

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
— 112 —

admiration devant eux ; elle ne savait pas ce qu’elle trouvait de plus beau à ces arbres centenaires, si c’était leurs faîtes mouvant et frémissant sans cesse là-haut dans le ciel bleu, ou leurs troncs fermes et élancés comme des colonnes, dont le puissant branchage racontait les années sans nombre pendant lesquelles ils étaient demeurés là-haut, regardant à leur pied la vallée où les hommes venaient et disparaissaient et où tout changeait, tandis qu’eux restaient toujours les mêmes.

Heidi roula ensuite le fauteuil jusque devant l’étable aux chèvres dont elle ouvrit la porte toute grande afin que Clara pût bien regarder dans l’intérieur, quoique pour cette fois il n’y eût pas grand’chose à voir, les habitantes n’étant pas à la maison. Clara s’écria aussitôt d’un ton plaintif :

— Oh ! grand’maman, si je pouvais attendre Brunette et Blanchette, et toutes les autres chèvres et Pierre ! Jamais je ne pourrai les voir s’il faut toujours repartir d’aussi bonne heure que tu l’as dit ; c’est si dommage !

— Chère enfant, pour le moment jouissons de toutes les belles choses qui sont à notre portée, et