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Vieux tout content. C’est notre air de montagne qui remplace ce qui manque à la cuisine.

Ainsi passa le joyeux repas. La grand’maman et le Vieux de l’alpe s’entendaient à merveille, et leur entretien était de plus en plus animé. Ils se trouvaient si bien d’accord dans toutes leurs idées sur les gens et les choses de ce monde, qu’on aurait dit qu’ils avaient été en rapport intime depuis des années. Un temps assez long s’écoula ainsi ; puis tout à coup la grand’maman regarda du côté du couchant et dit :

— Il faudra bientôt nous préparer, Clara, le soleil descend déjà, et les hommes vont revenir avec la chaise à porteurs et le cheval.

Aussitôt un nuage de tristesse s’étendit sur la figure de Clara, si joyeuse un instant auparavant, et de son ton suppliant elle s’écria :

— Oh ! seulement une heure, grand’maman ! ou plutôt deux ! Nous n’avons pas encore vu le chalet, ni le lit de Heidi, ni tous les arrangements. Si le jour pouvait avoir encore dix heures !

— Ce n’est guère possible, répliqua la grand’maman. Mais comme elle ne demandait pas mieux