Page:Spyri - Encore Heidi, 1882.pdf/134

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
— 122 —

pas sans danger de la faire à cheval. Se trouvant maintenant seule, la grand’maman n’avait plus l’intention de rester à Dörfli ; elle comptait retourner à Ragaz et de là renouveler de temps en temps son expédition à l’alpe.

Avant que la grand-père fût de retour au chalet, Pierre y arriva à la tête de son agile troupeau. Dès que les chèvres eurent découvert où était Heidi, elles se précipitèrent toutes à la fois vers elle et entourèrent en un instant le fauteuil de Clara et Heidi à ses côtés ; elles se poussaient, se pressaient en avant, chacune levant la tête pour voir par-dessus les autres, tandis que Heidi les présentait à Clara en les lui désignant l’une après l’autre. Aussi celle-ci eut-elle eu très peu de temps fait la connaissance si longtemps désirée de la petite Bellette, de la joyeuse Linotte, des chèvres du grand-père, toujours si propres, de toutes enfin, jusqu’au Grand Turc lui-même. Quant à Pierre, il se tenait tout le temps à l’écart, jetant à Clara de farouches et menaçants regards. Lorsque les deux enfants se tournèrent vers lui et lui crièrent un amical « Bonne nuit, Pierre ! » il ne répondit pas le moindre mot, mais fit claquer son