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déjà sur leur lit de foin, il avait longtemps réfléchi où il pourrait remiser le large fauteuil à roulettes. Il ne fallait pas songer à le faire entrer dans le chalet, la porte en était trop étroite ; mais tout à coup il lui était venu une idée : il était allé derrière le hangar et avait décloué deux grandes planches de la cloison ; par cette large ouverture il avait roulé le fauteuil à l’abri et remis les planches à leur place sans toutefois les reclouer. Heidi arrivait au moment où le grand-père, après avoir retiré les planches et installé Clara dans le fauteuil, sortait avec elle du hangar en plein soleil levant. À mi-chemin de la porte du chalet il arrêta le fauteuil et se dirigea vers l’étable aux chèvres. Heidi bondit auprès de Clara.

La fraîche brise du matin caressait les visages des enfants, apportant par bouffées la senteur aromatique des sapins dont l’atmosphère était tout imprégnée. Clara aspirait à longs traits cet air fortifiant, et penchée en arrière sur le dossier de son fauteuil, elle s’abandonnait à un sentiment de bien-être qui lui avait été jusqu’alors inconnu. Jamais encore il ne lui était arrivé de respirer l’air matinal