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de l’air de quelqu’un qui s’y connaît, en se souvenant des jours de Francfort où tout ce qu’elle mangeait lui restait au gosier sans vouloir descendre. Mais Clara ne comprenait rien à la chose ; c’est qu’aussi il ne lui était encore jamais arrivé de passer une journée tout entière en plein air et surtout à cet air léger et vivifiant des montagnes. Lorsque le grand-père s’approcha avec les tasses pleines, Clara saisit bien vite la sienne en le remerciant et en but avidement le contenu tout d’un trait, de sorte qu’elle eut même fini avant Heidi.

— Puis-je en avoir encore un peu ? demanda-t-elle en tendant sa tasse au grand-père.

Celui-ci exprima sa satisfaction par un mouvement de tête, prit aussi la tasse de Heidi et rentra à l’étable. Lorsqu’il revint, chaque tasse était surmontée d’un large couvercle, mais non comme ceux dont on se sert ordinairement. Pendant l’après-midi il avait fait une petite expédition jusqu’au mayen supérieur où les fruitiers fabriquaient le beurre d’un beau jaune clair ; il en avait rapporté une masse toute ronde, et il venait d’étendre sur deux tranches de pain une couche épaisse de ce bon beurre si doux.