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voudrait, quant à elle, elle ne demandait pas mieux que de rester seule avec la petite chèvre ; c’était quelque chose de tout nouveau pour elle. Heidi s’éloigna en courant, et Clara commença à présenter l’herbe à Bellette, brin après brin ; la chèvre devint bientôt si familière qu’elle se serrait contre sa nouvelle amie et mangeait lentement dans sa main l’herbe qu’elle lui tendait. On voyait bien qu’elle était tout heureuse de pouvoir rester là tranquille et sans crainte, sous une bonne protection, car dans le troupeau elle était toujours exposée à toutes sortes de persécutions de la part des plus fortes chèvres. Quant à Clara, elle trouvait délicieux d’être assise sur une montagne, toute seule avec une timide chevrette qui avait besoin de sa protection. Un immense désir s’éveilla en elle d’être une fois libre d’aider les autres au lieu d’être toujours obligée d’attendre tout de leur part ; il lui venait toutes sortes de pensées qu’elle n’avait jamais eues auparavant et un besoin inconnu de continuer à vivre à ce beau soleil et de pouvoir rendre quelqu’un heureux comme elle rendait heureuse la petite Bellette dans ce moment. Une joie toute nouvelle remplissait son