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fortement enjoint de revenir un peu vite afin de ne pas laisser le troupeau seul trop longtemps. Or Pierre avait plus peur du Vieux que de qui que ce fût, et tel était son respect pour lui qu’il n’aurait jamais osé lui désobéir dans la moindre des choses. Il continua donc son chemin puisqu’il le fallait ; mais il ne courait plus ; les secousses variées qu’il venait de subir n’avaient pu demeurer sans effet, et ce fut en boitant et geignant qu’il se traîna le long du sentier de l’alpe.

Peu après sa rencontre avec Pierre, Mr Sesemann avait atteint le premier chalet, et sûr alors d’être sur la bonne voie, il avait continué son chemin avec un nouveau courage jusqu’à ce qu’enfin, après une longue et pénible ascension, il vît apparaître le but tant désiré : au-dessus de lui s’élevait le chalet de l’alpe derrière lequel les vieux sapins balançaient leur sombre feuillage. Mr Sesemann attaqua avec entrain le dernier bout du sentier plus raide que le reste, en se réjouissant de surprendre sa fille. Mais il avait déjà été aperçu et reconnu de loin, et on lui préparait à lui-même une surprise à laquelle il était loin de s’attendre. Lorsqu’il atteignit le haut de la