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— De ce que j’ai pu revenir chez le grand-père, répondit l’enfant.

Le visage du bon docteur s’éclaira comme d’un rayon de soleil. Il ne s’était pas attendu à un pareil accueil sur l’alpe. Toujours plongé dans ses tristes pensées et dans le sentiment de sa solitude, il avait gravi la montagne sans même s’apercevoir combien tout ce qui l’entourait était beau et le devenait à chaque pas davantage. Il s’était dit que la petite Heidi ne le reconnaîtrait probablement pas, elle l’avait si peu vu ! et il se faisait à lui-même l’effet d’une personne qui vient causer une déception et qu’on n’a pas de plaisir à voir parce qu’elle n’apporte pas les joies attendues. Mais tout au contraire, les yeux de Heidi étincelaient de plaisir, et, pleine de reconnaissance et d’affection, elle serrait toujours dans les siens le bras de son bon ami.

Le docteur prit l’enfant par la main avec une tendresse toute paternelle.

— Viens, Heidi, lui dit-il de son ton le plus affectueux, mène-moi vers ton grand-père et montre-moi où tu demeures.