Page:Spyri - Encore Heidi, 1882.pdf/57

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Heidi et le docteur s’étaient longtemps promenés ensemble en s’entretenant de toutes sortes de choses, lorsque ce dernier s’aperçut qu’il était temps pour lui de redescendre ; il pensait que sa petite amie aimerait rester encore un peu avec les chèvres ; mais Heidi n’y songeait point : comment pourrait-elle laisser le docteur descendre tout seul de l’alpe ! Elle voulut absolument l’accompagner jusqu’au chalet du grand-père et même un peu plus loin. Elle marchait toujours à côté de son ami, la main dans la sienne, lui racontant mille choses tout le long du chemin, lui montrant les places où les chèvres aimaient à brouter, et celles où, en été, se trouvaient le plus d’hélianthèmes d’un jaune éclatant, de rouges centaurées et d’autres fleurs encore ; elle connaissait tous leurs noms, le grand-père les lui ayant enseignés durant l’été tels qu’il les savait lui-même. À la fin, le docteur déclara que c’était le moment de partir ; ils prirent congé l’un de l’autre, et il continua sa descente ; mais de temps en temps il se retournait et voyait Heidi debout à la même place, le suivant des yeux et lui faisant des signes de la main, comme autrefois sa propre fille chérie lorsqu’il quittait la maison.